Lolvé Tillmanns se penche sur un fait historique assez méconnu en Suisse : des suisses sont partis dans des colonies en Algérie en 1854 grâce à une Compagnie Genevoise des colonies suisses de Sétif, formée de banquiers…
Un roman à trois voix : celle de la femme du banquier genevois, bourgeoise et aisée qui protège ses intérêts financiers, celle de la paysanne vaudoise qui ne retrouvera pas du tout un monde meilleur en allant vivre en Algérie, bien au contraire, elle perd à peu près tout et celle d’une adolescente algérienne, lumineuse et positive.
Un style propre à chaque voix qui rythme ce roman, très bien construit avec ce petit plus théâtral, envoûtant.
Vous l’aurez compris, ce roman m’a emportée.
Au milieu du XIXe siècle, des banquiers genevois fondent une entreprise coloniale, la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif. La France veut alors peupler l’Algérie de colons européens et, du côté de l’arc lémanique, on décide d’en tirer profit. Lolvé Tillmanns s’empare de la fiction pour revisiter cette histoire méconnue à travers le regard de trois femmes: une épouse de banquier genevois, une paysanne vaudoise devenue colon et une adolescente algérienne qui voit les Souissis s’approprier ses terres. Elles disent les espoirs, les violences et les exactions de la Suisse coloniale.
Lolvé Tillmanns, reconnue pour son originalité et la profondeur de ses personnages, a su marquer le paysage littéraire romand par sa plume atypique et ses récits percutants. Une autrice incontournable.